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Giulia PetitAvocate à Marseille

Droit routier

Blessures et homicide involontaires au volant

Un accident corporel fait basculer un conducteur ordinaire dans une procédure pénale lourde, souvent après une garde à vue. La qualification retenue — contravention, blessures routières, homicide routier — dépend de deux paramètres : la durée d'incapacité de la victime et les circonstances de la conduite.

Questions fréquentes

À partir de quand un accident corporel devient-il un délit ?

Deux critères se combinent : la durée de l'incapacité totale de travail de la victime et la présence de circonstances aggravantes. Sans aucune circonstance aggravante, des blessures ayant entraîné une incapacité totale de travail de trois mois au plus relèvent d'une contravention de cinquième classe, jugée par le tribunal de police. Au-delà de trois mois d'incapacité, ou dès qu'une circonstance aggravante est caractérisée — alcool, stupéfiants, grand excès de vitesse, défaut de permis, délit de fuite, téléphone tenu en main —, les faits deviennent délictuels et relèvent du tribunal correctionnel.

Qu'est-ce que l'homicide routier créé en 2025 ?

La loi du 9 juillet 2025 a créé deux infractions autonomes, l'homicide routier et les blessures routières, inscrites dans un chapitre propre du code pénal. Il ne s'agit plus de qualifier ces faits d'homicide ou de blessures involontaires aggravés : lorsque le conducteur cause la mort d'autrui dans l'une des dix circonstances limitativement énumérées, l'infraction porte désormais le nom d'homicide routier et est punie de sept ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende, portés à dix ans et 150 000 euros lorsque deux circonstances au moins sont réunies. En l'absence de toute circonstance aggravante, les faits restent qualifiés d'homicide involontaire par conducteur, puni de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.

Comment se calcule la durée de l'ITT ?

L'incapacité totale de travail est une notion pénale, distincte de l'arrêt de travail délivré par le médecin traitant et de l'incapacité retenue en matière d'indemnisation. Elle mesure la durée pendant laquelle la victime ne peut plus accomplir seule les actes de la vie courante, et s'applique donc aussi bien à une personne sans emploi qu'à un salarié. Elle est fixée par un médecin, le plus souvent lors d'un examen aux urgences médico-judiciaires, et sa durée commande la qualification retenue : elle se discute, y compris par une expertise contradictoire.

Le permis est-il automatiquement annulé ?

En matière d'homicide routier, l'annulation du permis avec interdiction de solliciter un nouveau titre est une peine complémentaire obligatoire, dont la durée est fixée par le tribunal dans les limites prévues par la loi. Le juge n'a pas la faculté de l'écarter. Pour les blessures routières, les peines complémentaires touchant le permis — suspension, annulation, interdiction de conduire certains véhicules, obligation d'un dispositif d'anti-démarrage par éthylotest — sont encourues et discutées au cas par cas. Une suspension administrative prononcée par le préfet s'applique par ailleurs bien avant l'audience.

Le cabinet défend-il le conducteur ou la victime ?

Les deux, mais jamais dans le même dossier. Un accident corporel se plaide de part et d'autre : la défense du conducteur poursuivi devant le tribunal correctionnel d'un côté, l'accompagnement de la victime constituée partie civile et la discussion de son indemnisation de l'autre. Cette double pratique nourrit chacune des deux : les moyens qui font la faiblesse d'un dossier d'accusation sont ceux qu'il faut anticiper lorsqu'on soutient la partie civile.

Poursuivi après un accident corporel ?

Ces dossiers se jouent sur des éléments techniques — reconstitution, expertise du véhicule, détermination de l'ITT — qu'il faut contester avant l'audience, pas à la barre.

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