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Giulia PetitAvocate à Marseille

Droit pénal

Comparution immédiate : que faire en urgence

Entre la fin de la garde à vue et le jugement, il s'écoule parfois moins d'une journée. Dans ce laps de temps se décident l'accord ou non pour être jugé séance tenante, la détention provisoire et, très souvent, l'issue du dossier.

Questions fréquentes

Un proche est déféré aujourd'hui : que puis-je faire dans l'immédiat ?

Appeler un avocat sans attendre l'audience. Une comparution immédiate se joue en quelques heures, et l'avocat qui intervient dès le déferrement peut consulter le dossier au parquet, s'entretenir avec la personne avant sa présentation au tribunal et préparer la décision la plus lourde de la journée : accepter d'être jugé séance tenante ou demander un délai. Réunir dès maintenant les pièces utiles — justificatif de domicile, contrat de travail ou bulletins de salaire, pièce d'identité, attestations d'hébergement — change concrètement la discussion sur la détention provisoire.

Peut-on refuser d'être jugé le jour même ?

Oui. Le prévenu ne peut être jugé le jour même de son déferrement que s'il y consent, et ce consentement n'est recueilli qu'en présence de son avocat. S'il demande un délai, l'affaire est renvoyée à une audience ultérieure, en principe dans un délai compris entre deux et six semaines, porté à deux à quatre mois lorsque la peine encourue dépasse sept ans d'emprisonnement. Ce choix n'est pas neutre : le tribunal statue alors immédiatement sur le contrôle judiciaire, l'assignation à résidence sous surveillance électronique ou le placement en détention provisoire jusqu'à l'audience.

Quelles infractions peuvent être jugées en comparution immédiate ?

Seulement des délits, et à trois conditions : que la peine d'emprisonnement encourue soit d'au moins deux ans — ou d'au moins six mois en cas de flagrant délit —, que les charges réunies paraissent suffisantes et que l'affaire soit en état d'être jugée. Les crimes en sont exclus, de même que les délits de presse, les délits politiques et les infractions dont la poursuite obéit à une procédure particulière. Les mineurs ne relèvent jamais de cette procédure.

Que se passe-t-il si le tribunal ne peut pas siéger le jour du déferrement ?

La personne est présentée au juge des libertés et de la détention, qui peut ordonner son incarcération jusqu'à sa comparution, laquelle doit intervenir au plus tard le troisième jour ouvrable suivant. À défaut de comparution dans ce délai, la remise en liberté est de droit. Cette décision du juge des libertés et de la détention peut être discutée : elle suppose des garanties de représentation, et c'est là que les pièces réunies par les proches prennent toute leur valeur.

Peut-on faire appel de la décision rendue en comparution immédiate ?

Oui, dans les dix jours suivant le prononcé du jugement, devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Lorsque le tribunal a décerné un mandat de dépôt, l'exécution provisoire s'applique et l'appel ne suspend pas l'incarcération : une demande de mise en liberté peut alors être formée en parallèle. La rapidité de la procédure de première instance rend l'appel fréquent, et il s'y plaide souvent des éléments qu'il était matériellement impossible de réunir en quelques heures.

Un déferrement est en cours ?

La comparution immédiate se prépare dans les heures qui précèdent l'audience, pas après. Un appel permet de savoir ce qui peut encore être fait aujourd'hui.

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